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HIKIKOMORIS : ces japonais qui vivent coupés du monde.

Publié le : 2019-01-10 19:40:59
Catégories : Cultures

Hikikomoris: ces japonais qui vivent coupés du monde.

Depuis les années 1990, le terme “ hikikomori ” désigne ces jeunes japonais, en majorité des hommes, vivant cloîtrés dans leur chambre pendant des mois, voire des années. 

Le Japon prônant l’excellence et la réussite sociale à tout prix, une grande partie de la jeunesse appartenant au pays du Soleil Levant exprime son rejet face à cette idéologie.

En 2018, il a été décompté plus d’un million d’Hikikomoris au Japon !

Étant, pour la plupart, âgés entre 15 et 39 ans, les causes de cet enfermement volontaire sont multiples bien que la principale raison relève de la forte pression sociale exercée par la société, l’école et le milieu familial.

En effet, au Japon, les hommes sont considérés comme des enfants-roi dès leur plus jeune âge. Ils endossent ainsi malgré eux la lourde responsabilité de réussir pour l’honneur de leur famille. Choyés à outrance, ces japonais doivent, en échange, faire preuve d’exemplarité à travers leur statut social et leur attitude.

Les parents hébergeant un hikikomori se retrouvent accablés par la honte et la culpabilité. Ils tardent d’ailleurs à faire appel à un psychologue ou à toute autre aide extérieure pour rester discrets face à cette problématique. 

Ils espèrent alors que la situation de leur enfant s’améliorera d’elle-même, souvent à tort.

La pression scolaire, au Japon, joue également un rôle dans l’isolement des hikikomoris. 

Il faut savoir que le système scolaire japonais met en place des concours d’entrée particulièrement difficiles entre chaque intégration dans une école. 

Le niveau très sélectif va jusqu’à mener les élèves dans une course féroce à la concurrence. Et c’est ainsi que les enfants dont le niveau est jugé inférieur à celui demandé sont victimes de moqueries et de rejets de la part d’autres élèves fiers de leurs excellents résultats. Ce phénomène est appelé “ ijime ” au Japon.

Enfin, le rythme de travail au Japon est extrêmement soutenu et exigeant. Les salariés, devant être dévoués à leur employeur, ne bénéficient que d’une semaine de congés par an ! Cette pression économique, voire cette aliénation au travail, n’est plus en phase avec l’esprit des jeunes diplômés japonais qui veulent s’épanouir individuellement et non à travers un groupe. 

Beaucoup d’entre eux deviennent hikikomoris quelques mois seulement après avoir obtenu leur premier emploi.

Plus profond et puissant qu’une phobie sociale ou bien qu’un phénomène de marginalisation, ces jeunes hikikomoris sont en réelle souffrance. 

Qualifiés d’hypersensibles et d’outsiders, ils ne sortent de leur chambre que pour satisfaire des besoins primaires et refusent même que quiconque n’entre dans leur cocon. 

Internet est alors leur seul point de repère par rapport au monde extérieur. 

Évoluant dans une sphère virtuelle qui les satisfait, les hikikomoris ne ressentent ni le désir ni la nécessité de rencontrer d’autres personnes ou de pratiquer des activités divertissantes. A l’abri de tous les regards, ils ont placé le jugement des autres hors d’atteinte, préférant la solitude plutôt que d’affronter la réalité.

Cette situation dans laquelle ces jeunes japonais n’ont aucune perspective d’avenir, finit par engendrer chez les hikikomoris la peur de mourir seul appelée “ kodokushi ”. 

Plus le nombre d’années d’isolement est élevé, plus cette crainte les envahit et les rend d’autant plus vulnérables et malheureux. 

Toutefois, bien que cette état psychosocial soit mis en lumière et, somme toute, compréhensible, les hikikomoris sont devenus un symbole de résistance passive contre une société japonaise qui semble en demander trop à sa jeunesse. Celle-ci craignant de ne pas être à la hauteur finit donc par se retirer sans bruit et sacrifier sa liberté.

La communication avec ses semblables étant un facteur déterminant pour l’épanouissement d’un être humain, force est de constater que ces hikikomoris auront du temps à rattraper une fois sortis de leur bulle de protection.

Ce phénomène étant aujourd’hui reconnu par le Ministère de la Santé au Japon, le pays se donne néanmoins les moyens d’encourager ces jeunes à changer de mode de vie. 

Il aurait consacré récemment un budget de 20 millions d’euros pour aider les hikikomoris à vivre une existence normale.

(Article rédigé par SAÏDA B-K / Rédactrice pour SINAN HILL.fr)

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